Affaire Rebo Tchulo : du vol présumé au verdict
Un tournage, des biens signalés disparus, une vidéo devenue virale puis un procès militaire : retour sur l’affaire Rebo Tchulo et son verdict.

Rédigé par Queeny ARICKX
Il y a quelques jours, le tribunal militaire de Kinshasa-Ngaliema a rendu son verdict dans l’affaire Rebo Tchulo. L’artiste a été condamnée à 12 mois de servitude pénale avec un sursis de 24 mois. Elle reste libre. Mais l’affaire ne commence pas avec le verdict, ni même avec la vidéo qui a ensuite circulé partout sur les réseaux sociaux.
Tout part d’un tournage et de biens signalés disparus
Les faits remontent au 17 avril, pendant le tournage d’un clip à Kinshasa. L’Agence congolaise de presse rapporte la disparition d’un sac appartenant à l’artiste. De son côté, ACTUALITE.CD relaie la version de son entourage, qui évoque plusieurs biens disparus, dont son passeport, des bijoux, une montre et de l’argent.
Selon cette même version, des images de vidéosurveillance auraient conduit l’équipe à soupçonner le chauffeur du tournage, Platini Kasaï Sadisa. L’entourage de Rebo affirme qu’il aurait d’abord nié, puis reconnu les faits avant de changer plusieurs fois de version. Platini Sadisa contestera ensuite cette accusation.
Puis la vidéo fait basculer l’affaire
Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre le jeune homme frappé par des militaires en uniforme. Plusieurs médias, dont ACTUALITE.CD, situent la scène à la résidence de Rebo Tchulo. Le ministère congolais de la Justice ouvre alors une enquête et le dossier prend rapidement une dimension judiciaire.
Les versions sur ce qui s’est passé cette nuit-là divergent. L’entourage de Rebo affirme qu’elle avait demandé que le jeune homme ne soit pas maltraité et qu’elle serait intervenue lorsque les coups ont commencé. Platini Sadisa soutient au contraire avoir été torturé et contraint à reconnaître qu’il avait caché le sac.
Ce que la justice reprochait à Rebo
Rebo Tchulo n’était pas poursuivie pour avoir elle-même porté les coups. L’accusation concernait l’incitation de militaires à commettre des actes contraires à leurs devoirs ou à leur discipline. Au cours de l’instruction, le tribunal a notamment ordonné une nouvelle expertise des relevés téléphoniques. Rebo a, de son côté, toujours contesté avoir fait appel aux militaires et sa défense a plaidé l’acquittement.
Plusieurs artistes lui apportent leur soutien

Avant le verdict, Koffi Olomide appelle publiquement la justice à faire preuve d’indulgence envers Rebo Tchulo et dit ne pas croire qu’elle ait voulu porter atteinte à l’intégrité physique du jeune homme. Innoss’B, son ex-compagnon et père de leur fille, prend lui aussi sa défense en juin. Invité dans l’émission B-ONE Music, il explique que Rebo traverse « de grands dossiers », lui souhaite « force à elle » et rappelle qu’elle est aussi la mère de son enfant.

Héritier Watanabe lui adresse également un message de soutien pendant le procès : « Force à toi la star, le combat c’est pour nous tous ».
Le verdict : 12 mois avec sursis
Le 27 août, le tribunal condamne finalement Rebo Tchulo à 12 mois de servitude pénale avec un sursis de 24 mois. En clair, elle ne va pas en prison à ce stade. Radio Okapi précise également qu’aucune amende n’a été prononcée contre elle. Les 250 000 dollars de dommages et intérêts réclamés par la partie civile n’ont pas été mis à sa charge et la mesure qui lui interdisait de quitter le territoire congolais a été levée.
Des peines bien plus lourdes pour plusieurs militaires
Rebo n’était pas la seule prévenue dans cette affaire. Treize militaires comparaissaient également dans le dossier. Plusieurs ont été condamnés à des peines allant jusqu’à 10 ans de prison, notamment pour torture. D’autres ont écopé de cinq ans, tandis qu’un sous-lieutenant médecin a été condamné à deux ans pour extorsion. Deux prévenus ont été acquittés du chef de torture.
Rebo Tchulo continue sa route

Au-delà de cette affaire judiciaire, Rebo Tchulo reste l’une des artistes féminines les plus visibles de la scène congolaise actuelle. En février 2026, elle dévoilait notamment « ETALIYÉ ».
Sources
Pour aller plus loin : ACTUALITE.CD • ACP — origine de l’affaire • ACP — défense de Rebo • ACP — verdict • Radio Okapi