Les 100 Heures de Rap Non Stop : Pauline Raignault veut faire entrer le freestyle dans l’histoire
Du 2 au 6 septembre à La Villette, Pauline Raignault relève un défi hors norme : 100 heures de rap non-stop, plus de 500 artistes annoncés et une tentative Guinness officielle.

Rédigé par Queeny ARICKX
Cent heures. Quatre jours et quatre heures. Un micro qui ne s’arrête pas. Du mercredi 2 septembre à midi au dimanche 6 septembre à 16 heures, Pauline Raignault remet le freestyle au centre du jeu avec Les 100 Heures de Rap Non Stop, installées au Freestyle Villette, au cœur de La Villette à Paris. Pensé comme un marathon collectif plutôt que comme une simple succession de concerts, l’événement réunit artistes confirmés, émergents, DJs, compositeurs, beatmakers, professionnels et public autour d’une même idée : faire vivre le rap sans interruption et raconter, pendant 100 heures, toute la diversité de la scène francophone.
De 50 à 100 heures : un défi qui prend racine en 2011
L’histoire commence quinze ans plus tôt. En septembre 2011, Pauline Raignault porte déjà un premier marathon de 50 heures de rap non-stop. Le principe est alors aussi simple qu’ambitieux : faire se succéder les rappeurs au micro, créer un espace de rencontre entre générations et laisser la performance prendre le dessus sur les formats promotionnels classiques. En 2026, elle choisit de doubler la durée et, surtout, de donner au projet une dimension beaucoup plus collective.
Entre les deux éditions, Pauline Raignault a construit un parcours dans l’industrie musicale à la croisée de la direction artistique, du marketing, du développement d’artistes, du management et du conseil. Cette expérience nourrit aujourd’hui un projet où l’enjeu n’est pas seulement de tenir 100 heures, mais de créer un cadre capable de faire dialoguer les différentes strates du rap : pionniers, artistes installés, nouvelle génération et talents encore inconnus du grand public.
100 créneaux d’une heure, sans pause et sans playback
Le dispositif des 100 Heures de Rap Non Stop repose sur 100 créneaux d’une heure de freestyle intergénérationnel, en continu. Les performances sont annoncées en Face A, sans playback. L’organisation met également en avant les productions originales et le travail des compositeurs et beatmakers : chaque heure ne se résume donc pas à une liste de MCs, mais associe aussi les personnes qui fabriquent la matière musicale derrière les performances.
L’événement peut être suivi sur place mais également en livestream, avec un dispositif multi-caméras et des replays annoncés. Selon l’organisation, plus de 500 artistes et participants doivent se relayer au cours du marathon. L’ambition est assumée : faire cohabiter tous les styles, tous les niveaux de carrière et plusieurs générations dans un même espace, plutôt que de construire une affiche uniquement autour de têtes d’affiche. Les informations et mises à jour sont centralisées par Les 100 Heures de Rap Non Stop.
100 heures d’événement, mais une tentative Guinness officielle de 24 heures
C’est une nuance importante : les 100 heures constituent la durée totale du marathon, tandis que la tentative officielle encadrée par Guinness World Records démarre le samedi 5 septembre à 16 heures. Le line-up annonce alors le début d’une tentative de record de la plus longue performance de rap en relais sur 24 heures non-stop, en présence d’arbitres et du jury Guinness. Autrement dit, Les 100 Heures de Rap Non Stop portent un marathon de quatre jours et quatre heures, à l’intérieur duquel se joue également une séquence officielle de record mondial.
Un line-up pensé comme un passage de relais entre générations
Le mercredi 2 septembre à midi, Fianso donne le coup d’envoi du marathon. Au fil des heures, la programmation fait ensuite se croiser des profils très différents, avec notamment Youssef Swatt’s, Kodes, Kerchak, Davinhor, Ooralise ou encore Vicky R. L’intérêt du format tient précisément à ce mélange : la programmation ne sépare pas les artistes confirmés des talents en développement, elle les inscrit dans la même continuité.
La Belgique bien représentée dans les 100 heures
Vu de Bruxelles, le marathon prend forcément une autre dimension. Plusieurs artistes belges apparaissent clairement dans le line-up. Le rappeur liégeois installé à Bruxelles Absolem est programmé dès le mercredi à 13 heures. Quelques heures plus tard, à 18 heures, c’est le Tournaisien Youssef Swatt’s, vainqueur de Nouvelle École en 2024, qui apparaît sur le programme. Le vendredi à 11 heures, La Géante, artiste bruxelloise originaire d’Ixelles déjà passée dans RAPOL’OG, figure elle aussi au line-up. Le dimanche à 14 heures, c’est également le Bruxellois Udeyfa qui apparaît dans la programmation.
Cette présence n’est pas anecdotique. Dès l’appel à candidatures, Les 100 Heures de Rap Non Stop avaient explicitement ouvert leurs sélections à la Belgique, mais aussi à la Suisse, au Luxembourg et aux territoires d’outre-mer. Pour RAPOL’OG, média basé à Bruxelles, cet angle compte : ce marathon raconte aussi la circulation du rap francophone au-delà des frontières françaises et place plusieurs générations de la scène belge dans le même récit.
« Du peuple, par le peuple, pour le peuple » : le collectif comme méthode
La particularité des 100 Heures de Rap Non Stop tient aussi à la manière dont le projet a été construit. L’organisation revendique un collectif de « 100 têtes pensantes », avec des décisions votées par la communauté et une volonté d’impliquer le public dans le développement de l’événement. Des artistes émergents ont été sélectionnés via des candidatures et des votes, aux côtés de profils déjà identifiés. Cette logique participative transforme le public et les artistes en parties prenantes d’un même projet plutôt qu’en simples spectateurs ou invités.
Cette construction explique aussi la place accordée aux métiers que l’on voit moins sur scène. DJs, compositeurs et beatmakers figurent dans le programme heure par heure, avec l’ambition de rappeler qu’un freestyle ne repose pas seulement sur celui ou celle qui tient le micro. Derrière chaque performance se trouve aussi une production, un son, une direction et une équipe.
Cinq jours à La Villette et un événement accessible par créneaux
Le marathon se déroule au Freestyle Villette, à La Villette, dans le 19e arrondissement de Paris. Le public peut accéder à l’événement par créneaux, tandis que la programmation se poursuit jour et nuit jusqu’au dimanche à 16 heures. Une soirée de clôture est également annoncée le dimanche soir. Les horaires, le line-up détaillé et les informations de billetterie évoluant au fil de l’événement, le compte des 100 Heures de Rap Non Stop reste la référence pour suivre les dernières mises à jour.
Pauline Raignault en parlait déjà chez RAPOL’OG
Bien avant que les premières heures ne défilent à La Villette, Pauline Raignault était venue dans RAPOL’OG pour raconter son parcours dans l’industrie musicale et présenter la genèse des 100 Heures. Cette conversation prend aujourd’hui une autre saveur : ce qui était encore un projet, une ambition et un énorme chantier d’organisation est désormais devenu un marathon réel, avec des centaines de participants et quatre jours de programmation continue.
Son passage chez nous permet surtout de comprendre la logique qui dépasse le simple record : chez Pauline Raignault, les 100 heures sont aussi une manière de défendre la performance live, de créer des ponts entre les générations et de redonner de la visibilité à toute la chaîne qui fait vivre le rap, des artistes aux producteurs en passant par les équipes qui travaillent dans l’ombre.
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Au-delà du record, une photographie du rap francophone en 2026
Le verdict du record viendra plus tard. Mais l’intérêt des 100 Heures de Rap Non Stop ne se joue pas uniquement dans un chronomètre. Pendant quatre jours et quatre heures, le projet fait défiler des centaines de parcours, de styles et de générations au même endroit. Et pour RAPOL’OG, la présence de plusieurs artistes belges ajoute une lecture supplémentaire : pendant ces 100 heures, une partie de l’histoire du rap francophone s’écrit aussi avec Bruxelles, Liège et Tournai au micro.